LOUIS DE FUNÈS RETROUVE SA GENDARMERIE À SAINT-TROPEZ

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Et de quatre ! C’est peu dire que ce musée-là était attendu. Ouvert le 26 juin dans son nouvel écrin, place Blanqui, le musée de la Gendarmerie et du Cinéma a été pensé pour couper le sifflet à ceux qui n’y voyaient qu’un clin d’œil au passé. Il s’ajoute à celui de l’Annonciade, de la Citadelle et à la Maison des Papillons de Dany Lartigue. Visite guidée du bâtiment dont la façade est certainement la plus photographiée de France.

RECONSTITUTIONS 60’S

Adieu pelleteuses et autres marteaux-piqueurs. Les travaux sont achevés. À l’entrée du village, le quartier de la place Blanqui a fait peau neuve. Il est prêt à faire face aux assauts touristiques qui vont redoubler avec l’ouverture du nouveau musée, hommage direct à l’épopée du Gendarme de Saint-Tropez. Une sculpture grandeur nature du truculent Cruchot trône logiquement dans l’espace pour souhaiter la bienvenue aux visiteurs qui pénètrent dans l’ancienne gendarmerie. Parce qu’il s’agissait avant tout jadis d’un établissement militaire, le périple débute non pas sur les pas survoltés de Louis de Funès, mais par une présentation au 1er étage de l’histoire du bâtiment et des personnels qui l’habitaient. Garde-à-vous de rigueur donc en prenant place au sein du local tropézien des années 60, dans son jus, avec ses bureaux et armoires rétro.

AU FIL DE LA ROUTE DES VACANCES

Parce que Saint-Tropez et le 7e art c’est une histoire qui dure, le second espace s’anime autour de la reconstitution d’un hall de cinéma et de l’une de ses salles obscures. Sur l’écran, des extraits de films, interviews d’acteurs, anecdotes autour des différents films tournés dans la presqu’île. Et quelques curiosités rescapées de tournages. Du costume de gendarmette bleu pervenche de 1982 au chapeau de paille porté par Louis de Funès pour éviter l’insolation entre deux prises. La saga du Gendarme de Saint-Tropez et les facéties d’une brigade qui continuent de faire rire le monde entier, au gré de ses rediffusions télé, tiennent évidemment la vedette. Les coulisses ne sont pas ignorées avec une pièce à portée plus pédagogique dédiée aux métiers du cinéma. Après la montée de quelques escaliers, arrivée au second niveau du musée. Et en route pour la nationale 7, appelée aussi route bleue. Un décor qui fleure bon les vacances et les congés payés, mis en avant à maintes reprises dans les films tournés à Saint-Tropez.  Les Biches, Saint-Tropez Blues, Le gendarme se marie, Les Randonneurs, Le Viager, Un moment d’égarement… La liste est longue.

NUDISTES EN LIBERTÉ

Le tableau ne serait pas complet sans l’aspect festif qui sert de toile de fond à tant de scénarios. L’étape suivante se fait sur le mode immersion avec la mise en scène des clubs, restaurants, etc. références en la matière. Une divagation entre ce qui fut « le nouveau Saint-Germain-des-Prés-sur-Mer » et des ambiances plus contemporaines. Le glamour fait tout autant partie intégrante de la mythologie tropézienne. D’où ce gros plan sur la mode à travers plusieurs films qui ont, par exemple, relayé la tendance monokini ou le… nudisme. Pratique si ardemment réprouvée et sanctionnée par l’adjudant Gerber et ses troupes… Une figure comique incarnée par Michel Galabru, hélas disparu en début d’année. L’été dernier, de passage en représentation à Ramatuelle, il n’avait pas manqué de souhaiter bon vent à ce musée. L’un des écrans prolonge son souvenir avec une interview. Le comédien y apparaît toujours aussi truculent dans son évocation de la série qui le vit défiler en tenue sur les quais à six reprises pour les caméras de Jean Girault.

DANS LA LOGE DE BB

Pour finir, le musée joue la carte glamour en permettant aux visiteurs de pénétrer dans la loge de deux stars qui ont contribué au rayonnement de Saint-Tropez dans le monde, Brigitte Bardot et Romy Schneider. À travers elles, un hommage à toutes les actrices qui ont foulé les sables émouvants de la presqu’île ou fait du village leur terrain de jeu – personnel ou professionnel – préféré.

UN PREMIER PASSEUR

Cerise sur le képi, une exposition temporaire. Premier en scène, le photographe Georges Dudognon (1922-2001) via une collection inédite, présentée au public pour la première fois. Son nom est certes moins connu que Doisneau ou Willy Ronis, pourtant son regard intransigeant sur le cinéma de la Côte d’Azur des années 60, de Jean-Luc Godard aux fastes du Festival de Cannes, de Jean Cocteau à Brigitte Bardot en passant par les fastueuses productions américaines, n’en est pas moins éclairant sur une époque.  En ce sens, Dudognon est un témoin autant qu’un passeur. Exactement à l’image de cet espace muséal tropézien qui n’a d’autre ambition que de réunir les familles autour d’une frange de l’histoire du 7e art. Loin des relents de carton-pâte des studios ou d’une poche de naphtaline cultivant la nostalgie. Plutôt comme une ode aux tournages sous le soleil de Méditerranée. D’où cette visite qui s’apparente au final, tout simplement, à un sacré bol d’air à 2 CV décapotable. Avec, bien sûr, sœur sourire au volant !

It’s a wrap! Saying this particular museum has been long awaited is an understatement! Opened on 26 June in its brand new setting on the Place Blanqui, the Musée de la Gendarmerie et du Cinéma has joined the ranks of the Annonciade, Citadelle and Dany Lartigue’s Maison des Papillions museums. Visitors can also enjoy a guided tour of the building, whose façade is probably the most photographed in France.

Tourist numbers are set to skyrocket with the opening of the new museum, which pays homage to the cinematic era of the Gendarme de Saint-Tropez films. A larger-than-life statue of the colourful Sergeant Cruchot, played by Louis de Funès, is logically in pride of place to welcome visitors who arrive in the former police station.

A number of retro reproductions are spread over two floors, including police stations from the 60s, an old cinema, a section of the RN 7 “holiday” motorway, party venues and even the green rooms used by two stars who contributed to putting Saint-Tropez on the international map: Brigitte Bardot and Romy Schneider.

Different screens display extracts of films, interviews with actors and anecdotes about the many films shot on the peninsula. And don’t miss out on the fascinating memorabilia taken from the film sets, including the blue policewoman’s uniform from the 1982 film and the straw hat worn by Louis de Funès himself to avoid sunstroke between takes.

The final feature is a temporary exhibition on photographer Georges Dudognon (1922-2001), presenting a unique collection never before seen by the public. His name is of course not as well known as Doisneau and Willy Ronis, but his unflinching perspective of cinema on the Côte d’Azur during the 60, of Jean-Luc Godard and the splendour of the Cannes Film Festival, of Jean Cocteau, Brigitte Bardot and the extravagance of American film productions, makes him better placed than most to offer an overview of this bygone age.

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