LES VOILES DE SAINT-TROPEZ

Pure Saint-Tropez

UNE 19E ÉDITION DANS LE SILLAGE DE L’HISTOIRE

Texte : Yan Harcourt – Photos : Marc de Delley

A cheval entre tradition et modernité, l’histoire des Voiles de Saint-Tropez franchit les portes de l’histoire maritime en entrant au musée de la Citadelle. Inauguré en 2013 à l’initiative de la municipalité pour « aller à l’inverse des idées reçues » – notamment celles qui laissent à penser que Saint-Tropez, qui fut le troisième port français au XVIIIe siècle, n’est qu’un charmant petit port de pêche-, le musée de la Citadelle inaugure en cette année 2017 un espace plaisance et régate. Et pour marquer cette ouverture, deux maquettes y seront accueillies : celles d’Ikra et de Pride, les deux bateaux à l’origine de la Nioulargue, la course fondatrice des Voiles de Saint-Tropez. Déjà précurseur de la rencontre d’un bateau classique avec un bateau moderne, l’affrontement de départ est aujourd’hui commémoré par près de 300 des plus beaux bateaux au monde, chaque année en fin de saison estivale, dans le golfe de Saint-Tropez.

DES BATEAUX ET DES HOMMES
Si la mythologie de l’America’s Cup est fondée sur l’idée « qu’il n’y a pas de second », celle de la Nioulargue est passée à la postérité avec une étonnante absence de vainqueur. Quand la mémoire collective a bien retenu le défi de marin lancé entre le 12 m JI en bois de 1964 Ikra et l’équipage affuté du Swan 44 Pride sorti de chantier pratiquement 10 ans plus tard, grâce à la complicité de Patrice de Colmont en 1981, personne ne cherche vraiment à savoir qui l’a emporté. Tout juste a-t-on retenu que le parcours, entamé par le travers de la Tour du Portalet, comportait un passage à la bouée de la Nioulargue, ce haut fond situé en face de la baie de Pampelonne, ainsi nommé « nid du large » en provençal en raison des nombreux poissons qui viennent y nicher, et se termina par un banquet au Club 55, avant de devenir une compétition mythique qui remplit le port de Saint-Tropez et les alentours depuis plus de 35 ans.

LE CADEAU DE PATRICE DE COLMONT
Dans son atelier parisien, Yves Gaignet garde un souvenir fort des années Nioulargue « époque enchantée, poétique et drôle où l’on s’amusait beaucoup ». En 2015, le célèbre maquettiste répond donc avec bonheur à l’invitation d’André Beaufils, lui-même ancien de la Nioulargue, actuel président de la Société Nautique de Saint-Tropez, de venir exposer son travail pendant les Voiles. « Je décide alors de présenter côte à côte, enfin réunis sur une même ligne d’arrivée, une maquette de Pride et d’Ikra ». Le contraste est saisissant. Non seulement la couleur de leurs coques – l’une noire, celle du Swan et l’autre blanche, celle du 12 m JI – oppose les deux bateaux, mais leur conception même incarne une formidable évolution dans l’art de la régate. Représentés à la même échelle de 1/28e, à la même hauteur de flottaison, la comparaison est vraiment instructive : alors que le bateau moderne mesure 13 mètres 40, son rival en fait 21, et lorsque l’on compare les surfaces de voile et le poids, c’est plus du simple au double : 81m2 pour Pride contre 175m2 pour Ikra, et 10 tonnes pour le premier contre… 27 pour le second !  C’est Patrice de Colmont lui-même qui prendra l’initiative d’acquérir les superbes maquettes, et d’en faire cadeau au musée de la Citadelle.

WALLY LES 20 ANS D’UNE SÉRIE
Cette année, parmi les autres temps forts, un anniversaire marquera l’édition dans la série des Wally, ces unités futuristes qui allient design et performance. 2017 correspond effectivement aux 20 ans de la saga des Magic Carpet. Une date qui met en valeur l’engagement dans la durée d’une des plus solides équipes sportives de la série sous la conduite de son propriétaire, Sir Lindsay Owen-Jones, autrefois à la tête de l’Oréal.

SACRÉ COUP DE POKER POUR CHIPS
Au rayon voiliers de tradition, présence pour la toute première fois de Chips, un P Class de 1913. Après Jour de Fête (Q Class) Olympian (P Class) et Spartan (NY 50), ce sera donc au tour de cet élégant cotre dessiné par le génie de l’America’s Cup Starling Burgess (Ranger, Rainbow) de tirer ses premiers bords dans le golfe de Saint-Tropez. Le bateau avait été lancé sous le nom de Onda, mais en 1930, un New-Yorkais l’ayant gagné au Poker a changé son nom pour « Chips » ce qui signifie « jeton » de Poker.

CARRÉ D’AS DANS LA CLASSE REINE
Nouveauté également du côté du Trophée Rolex. Après la catégorie des « Grands Tradition » en 2016, ce trophée qui existe aux Voiles depuis 2006 récompensera cette année le meilleur des 15 m JI. Ces quatre bateaux d’exception, plus que centenaires et encore en état de naviguer, constituent un carré d’as de cotres auriques qui illustrent idéalement la classe reine de l’âge d’or du yachting et de son architecte légendaire, William Fife.

RETOUR D’UN VILLAGE DES VOILES XL
Déclinaison de la version 2016, le village des Voiles sera à nouveau traité en mode « Avenue ». Une formule qui avait été dictée par les travaux d’agrandissement de la capitainerie l’an dernier mais qui a connu un franc succès. Les travaux étant achevés, les quelque 4 000 équipiers, tropéziens et spectateurs qui y gravitent chaque jour bénéficieront d’une version agrandie cette année pour festoyer et « magasiner » !

Masterfully combining tradition and modernity, the history of the Voiles de Saint-Tropez regatta is celebrating another milestone as it becomes a part of the Citadel Museum in Saint-Tropez. The exhibit will feature two leading models, Ikra and Pride, the two boats that raced in the Nioulargue, the sailing race that founded the Voiles de Saint-Tropez regatta. In its role as a pioneering event combining classic and modern boats, the regatta starting line now showcases almost 300 of the world’s most beautiful yachts at the end of the summer season in the Gulf of Saint-Tropez every year. The major events of 2017 will include the anniversary of a certain series of Wally yachts – the futuristic boats that seamlessly blend design and performance. This year marks the 20th anniversary of the iconic Magic Carpet series, whose long-term success will be upheld by one of the most committed and solid sporting crews in the competition, headed up by the yacht’s owner, former L’Oréal CEO Sir Lindsay Owen-Jones. Among the traditional sailing boats, this year will see the first-time arrival of Chips, a P-Class yacht from 1913. After Jour de Fête (Q-Class), Olympian (P-Class) and Spartan (NY 50), it is now time for this elegant craft designed by the genius of the America’s Cup, Starling Burgess (Ranger, Rainbow), to take to the seas for its maiden voyage around the Gulf of Saint-Tropez. The boat was originally named Onda, but a New Yorker won it over in a game of poker in 1930 and changed the name to Chips in honour of his victory. And don’t forget the port of Saint-Tropez will be arranged in an “Avenue” style again this year. This layout was used last year due to the extension work on the harbour master’s office, but was so successful it is being brought back this year! Now the construction work is over, the 4,000 crew members, locals and tourists who attend the regatta every day will be able to enjoy an even bigger space for enjoying the festivities and indulging in a spot of shopping!

PROGRAMME
VOILIERS MODERNES

Samedi 30 septembre et Dimanche 1er octobre Accueil et contrôle
Lundi 2, Mardi 3, Mercredi 4, Jeudi 5, Journée J. Laurain et D. Jayson, Journée des défis
Vendredi 6 et Samedi 7 octobre Parcours côtier, 1er départ 11h
VOILIERS DE TRADITION
Dimanche 1er et Lundi 2 octobre Accueil et contrôle
Dimanche 1er octobre Arrivée de la Coupe d’Automne du Yacht Club de France en provenance de Cannes
Mardi 3, Mercredi 4 et Jeudi 5, Parcours côtier, 1er départ 12h
Jeudi 29 septembre Journée J. Laurain et D. Jayson, Journée des défis, Club 55 Cup, GYC Centenary Trophy
Vendredi 6 et Samedi 7 octobre Parcours côtier, 1er départ 12h
REMISE DES PRIX
Dimanche 8 octobre À partir de 11h (sur invitation)

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