SAINT TROPEZ en plein cœur !

Pure Saint-Tropez Mai 2018

Depuis toujours, les tropéziens vouent un culte à leur Saint Patron dans l’intimité de leur foi et de leur famille. Mais, chaque 16, 17 et 18 mai, cette ferveur se manifeste dans une intense communion lors de la Bravade dans un rituel symbolique d’une grande beauté et d’une intense émotion.

 

Les origines du culte au Saint Patron

Le 29 avril 68, il y a presque deux mille ans, le Chevalier Torpes fut décapité à Pise, sur ordre de Néron, pour ne pas avoir voulu renier sa foi chrétienne. Son corps jeté dans une barque, aux côtés d’un coq et d’un chien, fut emportée par les courants ligures et s’échoua sur les rivages du golfe quelques jours plus tard, le 17 mai. Caïus Torpetius devint un martyr, un modèle pour les autres chrétiens. Telle est la légende fondatrice de Saint-Tropez et les origines du culte du Saint Patron.

 

Un saint adoré depuis toujours

Très tôt, les tropéziens ont donc vénéré leur saint. Les sources historiques (d’après les recherches des historiens Laurent Pavlidis et Elisabeth Sauze) révèlent dès le XIe siècle une chapelle « Ecclesia Sancti Torpetis » dédiée au culte de Torpes sur la colline aujourd’hui occupée par la citadelle. Depuis des années, chaque 17 du mois à 18h30 une messe en l’honneur de Saint-Tropez réunit les fidèles à l’église Notre-Dame de l’Assomption. C’est ici qu’est exposée la statue officielle du chevalier. Le buste en bois d’olivier date du XVIIe siècle. Restauré deux fois, il est méticuleusement entretenu par les membres de l’association des Amis de la Bravade. Il porte une écharpe de velours rouge – symbole de son martyr – sur laquelle sont épinglées une centaine de médailles – données par les Tropéziens en signe de remerciement. Une seconde représentation sculpturale, offerte par l’architecte Philippe Tallien, se trouve à la Chapelle de la Miséricorde. A L’Oustaoù – siège des Bravadeurs – trône désormais une nouvelle statue du Saint, cette œuvre vénitienne datant du XVIIIe siècle a été achetée aux enchères en 2017 par le Cepoun au Château de Fontainebleau. Bien sûr la plupart des familles tropéziennes possèdent un buste de Saint-Tropez dans leur foyer, ainsi que la médaille à son effigie, offerte généralement comme cadeau de naissance ou de baptême.

 

Le pèlerinage à Pise

Suivant une tradition entretenue depuis 1955, une délégation de Bravadeurs et d’élus Tropéziens se rendent chaque année (du 27 au 30 avril) en pèlerinage à Pise, cette ville Toscane qui vit naître et mourir le chevalier Torpes. « Ce voyage est marqué par les messes du 29 avril en mémoire de la décapitation du chevalier Torpes » résume le Cepoun Serge Astezan. Le lendemain, sur le chemin du retour, ils se recueillent en l’église de Saint-Tropez à Gênes, autre lieu de culte du Saint Patron. Sa mémoire est également célébrée religieusement à Torpe’ en Sardaigne, à Tropea en Calabre, mais aussi à Sines au Portugal. « Il ne faut pas oublier que Torpes était un officier de Néron, je pense qu’à sa mort, un culte lui a été rendu aux quatre coins de l’Empire romain » explique le Cepoun Serge Astezan.

 

Torpes héros de la Bravade

Le Saint Patron des tropéziens est le héros de la Bravade depuis sa création il y a 460 ans. Soudés par leur amour, leur fidélité et leur foi en leur illustre martyr, les bravadeurs multiplient les hommages symboliques à leur Saint Patron. Selon un rite immuable. L’évènement commence « le 16 à 8 heures du matin, par l’explosion des boîtes, 21 au total, symbolisant les 21 coups de canon qu’on tirait autrefois dans les ports pour les grandes cérémonies. Ce n’est qu’après que débutent les aubades qui sont données d’abord à l’église et à la mairie, symboles des pouvoirs religieux et républicains, puis à travers la ville aux anciens capitaines de ville ainsi qu’à l’état major de l’année en cours, au président, et en dernier au Cepoun à l’Oustau.» explique Serge Astezan. L’après-midi deux moments clés honorent le guide spirituel des tropéziens place de la mairie : la revue militaire des hommes en armes et la remise de la pique (au capitaine de ville par le Maire) et du drapeau (à l’enseigne par le premier adjoint). Le corps de bravade passe devant l’église et la place de la mairie où les garde saint – une dizaine d’hommes coiffés du shako (un couvre-chef décoré d’un plumet rouge) et armés de tromblons, ouvrent la marche aux pisans en rouge (symbole du martyr de Saint-Tropez), qui portent le buste sur leurs épaules. Le corps de Bravade adresse le premier salut au saint. La fête religieuse et militaire de la ville commence. Les membres du Corps de Bravade, environ 180 hommes parmi les Marins, les Mousquetaires et les Garde-Saints déchargent leurs mousquets et fusils, afin d’honorer le buste majestueux posé sur son socle devant les autorités, religieuses, civiles et militaires. La procession commence, le Porte-Croix en tête, suivi du Corps de Bravade, les Mousquetaires, les Marins, les Garde-Saint. Elle se dirige vers le Port et parcourt la ville en faisant des stations, toujours les mêmes, pour rendre les honneurs à Saint-Tropez, mais aussi aux anciens capitaines de ville et aux majors. La statue est ramenée à l’église vers 20 heures.

 

AD USQUE FIDELIS

Le lendemain matin, le corps de Bravade, les provençales en costume, les autorités civiles et militaires et les tropéziens sont réunis dans l’église pour témoigner de leur fidélité envers le saint patron. Les cantiques à la gloire de Saint-Tropez – dont le fameux Ange Gardien qui ouvre toutes les messes – sont chantés par tous. Les bouquets confectionnés par les dames de la bravade – femmes, mères, filles et sœurs de bravadeurs- sont bénis. Chaque famille tropézienne conservera précieusement le sien, jusqu’à l’année prochaine, à côté de son buste de Torpes. L’après-midi lors de la « Grande Bravade », un petit garçon, fils de Bravadeur, noue une écharpe rouge autour du cou de Saint-Tropez et l’embrasse, autre symbole fort du lien entre le passé et le présent. Après les saluts à travers la cité, un nouvel hommage au Saint est rendu à la Chapelle du Couvent baptisée également « Saint-Tropez hors les murs », avant la reddition de la pique et du drapeau (symboles du pouvoir, ils retrouveront leur place dans la salle du conseil de l’hôtel de ville). Saint Tropez fait son retour en l’église vers minuit, où il reçoit – ultime hommage – un baiser de chaque Bravadeur. « Ad Usque Fidelis », fidèles jusqu’au bout… Fidèles jusqu’à la mort…

 

The people of Saint-Tropez have always been devoted to their patron saintas part of their faith and their families. But every year on 16, 17 and 18 May, this religious fervour is displayed as part of an intense communion at the annual La Bravade celebrations.

On 29 April in the year 68 A.D., almost 2000 years ago, the Chevalier Torpes was decapitated in Pisa on the orders of Emperor Nero. His crime? Seeking to renounce the Roman faith and worship the Christian God. His body was flung into a wooden boat along with a cockerel and a dog, and was dragged away by the Ligurian currents. His remains washed up on the shores of the gulf of Saint-Tropez several days later, on 17 May. Caïus Torpetius became a martyr and a model for other Christians. This is the legend of how Saint-Tropez was founded, and the origins of our patron saint.

The Saint-Tropez inhabitants quickly began worshiping their patron saint. Historical sources even recount the presence of a chapel built in honour of Torpes in the 11th century, on the hill now home to the citadel. For many years, a mass in homage to the saint has been held on the 17th day of every month at the Notre-Dame de l’Assomption church. This is also where the official statue of the chevalier is exhibited. Naturally, most Saint-Tropez families also keep a bust of the saint in their homes, as well as a medallion bearing his likeness generally presented as a gift for births or christenings.

According to a tradition upheld since 1955, a delegation of “Bravadeurs” (official members of the La Bravade celebrations) and local officials make a pilgrimage from 27 to 30 April to Pisa, the city in Tuscany where the saint was born and died. On the journey home, they stop at the Saint-Tropez church in Genoa, another holy site devoted to the patron saint. His memory is also celebrated religiously in Torpè in Sardinia, in Tropea in Calabria, and also in Sines in Portugal.

The patron saint of the inhabitants of Saint-Tropez has been the hero of La Bravade since it was founded 460 years ago. Joined together by their love of, loyalty to and faith in their illustrious martyr, the Bravadeurs pay numerous symbolic homages to their patron saint. An eternal, unchanging rite. The event beings on 16 May at 8am with the detonation of 21 boxes symbolising the 21 canon shots that were once fired in port towns for special ceremonies. When this ritual has been completed, serenades are sung at the church and the town hall – symbols of religious and republican powers. The singers then move across Saint-Tropez to perform in front of the former town captains, the military officers of the current year, the president of the event’s committee, and finally the Cepoun, the guardian of the town’s traditions. In the afternoon, two key customs honour the spiritual guide of the people of Saint-Tropez – a military parade of uniformed and armed troops, and the passing of the pike (to the town’s captain by the mayor) and of the flag (to the sub-lieutenant by the deputy mayor). The main corps of La Bravade marches in front of the church on the main square, where the Guardians of the Saints – a dozen men wearing a shako (a hat decorated with a red plume) and armed with muskets – open the march up to the “inhabitants of Pisa” clad in red (a symbol of the martyr of Saint-Tropez) and carrying the bust on their shoulders. The La Bravade corps makes its first salute to the saint, and the town’s religious and military celebrations begin. The members of the La Bravade corps – around 180 men including Sailors, Musketeers, and Guardians of the Saints – fire their muskets and rifles in honour of the bust now placed majestically on its base before the religious, civil and military authorities. The procession can now begin! It makes its way towards the port, crossing the town with the same regular stops every year to pay homage to the patron saint and to the former town captains and majors.

The following morning, the La Bravade corps, Provençal people in traditional dress, civil and military authorities, and the locals of Saint-Tropez, all gather in the church to show their loyalty to the patron saint. Everyone sings hymns to the glory of Saint-Tropez, and bouquets of flowers made by the women of La Bravade are blessed. Each Saint-Tropez family keeps theirs as a precious memento next to their bust of Torpes until the following year. In the afternoon, as part of the “Grande Bravade” event, a small boy – a son of one of the Bravadeurs – ties a red scarf around the neck of the saint’s bust and kisses it – another profound symbol of the link between past and present. After the salutes made across the town, a different homage is paid to the saint at the Chapelle du Couvent – also known locally as “Saint-Tropez beyond the walls” – before the pike and the flag are handed back and returned to their traditional place in the council room of the town hall. The bust of Torpes is then taken back to the church around midnight, where it receives the ultimate honour – a kiss from each Bravadeur. Ad Usque Fidelis. Loyal until the end.Loyal until death…

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