Les gestes d’Amour de la Bravade

Après deux années d’interruption dues aux contraintes de la crise sanitaire, les fêtes traditionnelles tropéziennes seront de nouveau fièrement célébrées cette année. La Bravade, la fête religieuse et militaire de la ville de Saint-Tropez, qui a lieu chaque 16 17 et 18 mai, depuis 1558, est rythmée par une série de gestes clés riches de sens et d’émotions…

Ad usque Fidelis
« La Bravade représente la plus belle preuve de fidélité à Saint-Tropez, à son histoire, à ses traditions » résume le Cépoun, le grand chef d’orchestre de l’évènement. C’est lui qui coordonne le corps de Bravade – 190 hommes – au fil des trois jours de liesse. Ces gestes sont immuables car comme l’explique Serge Astézan, « « Le déroulement de la Bravade n’a plus réellement changé depuis le début du XXe siècle ».

Les tirs des salves d’honneur
Le 16 mai les Tropéziens se retrouvent à 8 heures sur la place de la mairie. Au programme, premières salves, 21 « boites » figurant les 21 coups de canon, qui annoncent le début officiel des trois jours de bravade, et début des aubades en commençant par l’église et les autorités. Quelques minutes plus tard, la clique parcourt les rues de la ville. Les Bravades s’ouvrent dans la liesse générale. Le cœur de Saint-Tropez bat à l’unisson.

La prise de la pique et du drapeau
A 15 heures, sur la place de la mairie débute la « petite bravade ». Les hommes en armes, marins, mousquetaires et garde-saints, arrivent et se placent pour la revue des troupes. Ensuite, c’est la prise de la pique et du drapeau : le maire remet la pique, symbole du pouvoir militaire, au capitaine de ville, et le premier adjoint remet le drapeau à l’enseigne. Autour du Cépoun, le corps de bravade emmené par le capitaine de ville, le major, l’enseigne et son major, décharge les mousquets et fusils afin d’honorer le Saint posé sur son socle devant les autorités, religieuses, civiles et militaires. La procession commence son défilé dans les rues du village jusqu’à 20 heures. Jamais elles n’ont été aussi animées et aussi belles !

La bénédiction des bouquets
Lors de la messe des mousquetaires du 17 mai le prêtre bénit les six mille bouquets sacrés de Saint-Tropez confectionnés par les Dames de Saint-Tropez à l’Oustaù et chez Leone Maria une fervente Tropézienne. Vendus à l’entrée de l’église, ils sont conservés comme des reliques par chaque famille.

La remise de l’écharpe rouge de Saint-Tropez
Le 17 mai à partir de 16 heures, la « Grande Bravade » est lancée place de la mairie. Un petit garçon, fils, petit-fils ou arrière petit-fils de bravadeur, noue symboliquement une écharpe rouge autour du buste de Saint-Tropez, l’écharpe rouge étant réservée aux bustes des saints morts par le sang. Ce geste représente la ferveur et la fidélité des générations dévouées à Saint-Tropez et à la défense de ses libertés.

Le salut au saint de la Chapelle du Couvent
Après avoir multiplié les honneurs au saint, aux anciens capitaines de ville et aux majors à travers la cité, les bravadeurs rendent un hommage appuyé au chevalier Torpès à la Chapelle du Couvent, dite « hors les murs », « c’est le seul et unique salut au saint hors du centre-ville », précise le Cepoun. « Les tropéziens très attachés à cet édifice se recueillent en défilant devant l’autel où devait se trouver le corps de leur Saint Patron » explique l’historien Bernard Romagnan, auteur d’un ouvrage sur les édifices religieux de Saint-Tropez.

La réddition de la pique et du drapeau
Dans la douceur de la nuit, le soir du 17 mai, la procession se dirige vers sa destination finale. La réddition de la pique et du drapeau accomplie par le capitaine de ville, puis l’enseigne et son major, a lieu à minuit, place de l’hôtel de ville. Au rythme du tambour-major, le capitaine de ville et son major rendent les deux symboles au maire et à son premier adjoint. Les armes se taisent.

Le baiser des reliques
Dans la douceur de la nuit, porté par les bravadeurs, Torpès se dirige vers sa maison. Lors de la sortie de l’église, ils embrassent ses reliques. La bravade est terminée mais la ferveur des tropéziens et des amoureux de Saint-Tropez est loin de s’éteindre.

The Poignant Moments of La Bravade
After two years of interruption due to the health crisis, the Bravade will be proudly celebrated once again this year. This traditional religious and military festival of the city of Saint-Tropez, which has taken place each year from May 16 to 18 since 1558, is punctuated by a series of key gestures full of meaning and emotions…

Ad Usque Fidelis (‘Faithful till the end’)
‘La Bravade is the best proof of faithfulness to Saint-Tropez, its history and its traditions. The unfolding of La Bravade has not really changed since the beginning of the 20th century,’ explains the Cepoun, the guardian of the city’s traditions and leader of the event.

The First Gun Salute
On May 16, the Tropezians gather at 8 a.m. at the town hall square where 21 salvos—symbolising 21 canon shots—are fired to announce the official start of the three-day festival. Then dawn serenades are sung at the church and at the town hall. A few minutes later, the band marches through the streets of the city.

The Passing of the Pike and of the Flag
The ‘Petite Bravade’ starts at 3 p.m. Soldiers, sailors, musketeers and guardians of the Saints march to the town hall square for the military review. Then the mayor hands over the pike—symbol of military power—to the town captain, and the deputy mayor hands over the flag to the sub-lieutenant. Around the Cepoun, all the members of the La Bravade Corps fire their muskets and rifles to honour the bust of the city’s saint placed on a pedestal before the religious, civil and military authorities. Then the procession starts marching through the streets of the village.

The blessing of the bouquets
During the Mass of the Musketeers held on May 17, the priest blesses the 6,000 sacred bouquets made by the Ladies of Saint-Tropez, which are then sold at the entrance of the church and kept as relics by each family.

The Red Scarfof the Patron Saint
The ‘Grande Bravade’ starts at 4 p.m. on May 17 in the town hall square. A little boy—the son, grandson or great-grandson of a Bravadeur—ties a red scarf around the neck of Saint Tropez’s bust. This gesture symbolises the fervour and loyalty of generations of Tropezians to their Patron Saint and to the defence of the city’s freedom.

The Procession to the Convent Chapel
After having paid their respect multiple times to their Patron Saint, to the former town captains and to the majors throughout the village, the Bravadeurs pay a heartfelt homage to Knight Torpes in the convent chapel.

The Handing Over of the Pike and of the Flag
In the sweet night of May 17, the procession heads towards its final destination: the town hall square. At midnight, to the rhythm of the drum major, the town captain and the sub-lieutenant return the pike and the flag to the mayor and the deputy major. The guns fall silent.

The Kiss of the Relics
The bust of the saint is carried by the Bravadeurs back to its resting place. As it leaves the church, each Bravadeur kisses its relics. This moment marks the end of La Bravade; however, the fervour of the Tropezians and lovers of Saint-Tropez is far from waning.

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